Le résultat est un désordre généralisé qui coûte cher à la santé, à l’environnement, à l’économie et, au bout du compte, aux débrouillards eux-mêmes », explique Louis Marie Kakdeu.
Lire ici son texte : Une culture de la survie devenue système Le « système D » n’a rien de nouveau au Cameroun : il a toujours été la réponse populaire à l’insuffisance des services publics et à la rareté de l’emploi formel.
Mais, son ampleur a changé de nature. Le ministère en charge des PME recensait 3,7 millions d’acteurs dans le secteur informel en 2024. Le secteur des services, qui représente à lui seul plus de la moitié du PIB, reste massivement informel.
Ce qui devait être une soupape de sécurité pour des ménages en difficulté est devenu, à force d’accumulation individuelle de petits arrangements avec la règle, un système à part entière : celui qui régit l’occupation de la rue, la circulation, la construction, la vente de nourriture, la gestion des déchets.
Chacun se débrouille, personne ne coordonne, et la ville tout entière en paie le prix. Motos-taxis À Douala comme à Yaoundé, l’espace public a été largement absorbé par des usages informels : étals, kiosques et tables installés sans autorisation sur les trottoirs, constructions commerciales élevées sans permis de bâtir jusque sur des terrains réservés aux espaces verts, motos-taxis (bendskins) garées ou circulant en dehors de tout espace balisé.
